La tante Pétunia était là, dans l'encadrement de la porte. Le sang dans les veines de Harry se figea de stupeur. Sous son air apparent calme, il savait que sa tante bouillonnait de rage. Elle fit quelques pas dans sa chambre et répéta d'une voix calme mais sèche.
- Que fais-tu là?
Harry ne savait pas quoi dire. Tous les mots, dès qu'il les pensait, s'envolait avant même qu'il les prononcent. Aucunes excuses valables ne lui venait à l'esprit.
- Je... J'avais cru entendre un bruit...
- Ne me ment pas, répliqua la tante Pétunia d'un ton cinglant. Réponds-moi.
Elle aperçut alors la lettre dans la main d'Harry, le tiroir de son secrétaire ouvert et comprit immédiatement.
Elle avança à garnds pas vers Harry, lui prit la lettre des mains et la remit dans son coffret. Puis elle referma le coffret et le tiroir. Sans un mot.
- Comment se fait-il que tu aies reçu des lettres de Dumbledore? parvint-il à articuler.
Sa tante ne répondit pas. Elle croisa son regard et Harry s'obligea à le baisser. Ce n'était pas le moment de la fâcher plus qu'élle n'était.
Il formula sa question d'une autre façon.
- Comment se fait-il que tu reçoives des nouvelles du monde magique, de mon monde alors que tu as passé des années entières à l'ignorer délibérément? Du moins en apparence.
- Ca ne te regarde pas, lâcha t-elle en le regardant dans les yeux ce qui ne fit qu'augmenter le malaise d'Harry.
- Tu es une sorcière c'est ça? insista t-il tout en évitant son regard.
- Non.
- Alors...
- Tais-toi.
Son ton était catégorique pourtant Harry continua.
- Alors... Tu es ... une cracmol?
Son regard se fixa sur lui un instant. Il sut qu'il était tombé juste.
- Tu es une cracmol c'est ça?
- En effet, je suis une cracmol. Tu es content maintenant?
Sa voix avait claqué comme un coup de fouet dans l'esprit d'Harry. Sous le choc il en perdit les mots. Il resta stupéfié. Tout s'expliquait à présent. Cette lettre qu'elle avait reçu de Dumbledore, la beuglante de l'année passée, le fait qu'elle connaissait l'existence des détraqueurs... Et d'autres choses encore...
- Alors pourquoi?...
- Pourquoi? ... Pourquoi ai-je mis tant d'acharnement à ignorer ce monde qui était en partie le mien?
Harry acquièsca d'un signe de tête.
- L'idée que je me sentais rejetée de ce monde ne t-a t-elle pas effleuré l'esprit? Quand ma soeur a été reçu à Poudlard j'ai pris conscience de la différence qui se traçait entre nous. Je me suis mis à la détester elle et ce monde. Quand j'ai quitté la maison je ne voulais plus en entendre parler. Mais tu es arrivé, toi et ta cicatrice, toi et ton passé. Il a fallut que ce Voldemort apparaisse et tue tes chers parents pour que tu arrives sur notre palier. Et que tu me rappelles tout ce dont je m'étais efforcée d'oublier pendant des années.
Harry aurait voulu dire à sa tante qu'il était vraiment désolé mais les mots ne venaient pas. Il regrettait maintenant d'être entré dans cette chambre et d'avoir ainsi obligé sa tante à lui en dire plus sur son passé. Il fut étonné d'aprouver pour elle de la compassion.
- Oncle Vernon et Dudley sont au courant?
- Bien sûr que non. Je ne leur ai jamais parlé de ça, j'ai enterré mon passé. Et ne va pas le leur raconter ça.
Harry secoua énergfiquement la tête. L'idée ne l'avait même pas effleuré.
- Je n'ose pas imaginer leur réactions, dit Pétunia avec un frisson. Ils seraient sans doute plus effrayés que jamais de savoir que j'entretiens des liens avec ce monde qu'ils ne l'étaient déjà.
Une question s'insinua dans l'esprit d'Harry peu à peu.
- Excuse-moi mais n'entretenais-tu des liens qu'avec Dumbledore ou...?
- Evidemment, répondit-elle sèchement, tu crois que j'ai beaucoup de relations dans le monde des sorciers? Bien sûr maintenant qu'il n'est plus là il n'y a plus personne qui peut m'envoyer des lettres.
A la surprise d'Harry, sa tante semblait un peu triste en prononçant ces mots.
- Et mes parents? Pourquoi les détestent tu? reprit-il.
- Je ne les ai jamais détesté. Je les méprisait. Ils apportaient de la fierté dans leur famille. Si tu savais comme ma mère était fière de leur fille quand il su qu'elle irait à Poudlard. Ce n'était que Lily par-ci Lily par-là, à croire que je n'existais plus. Je n'oublierai jamais vraiment le jour où ma soeur a montré des dons pour la magie. Ma mère était aux anges.
Harry trouvait bizarre d'entendre des mots comme "poudlard" "magie" et "soeur" dans la bouche de sa tante; Des mots qu'elle avait tenté qui plus est de supprimer de sa mémoire. C'était étrange.
- Je n'étais que la seconde fille? La cracmol de la famille. Je me suis mise à les détester tous. Lorsque ma soeu a rencontré ce Potter, je me doutais que l'enfant qui naquirait d'eux serait comme eux, un sorcier.
Elle avait prononcé ce dernier mot d'un ton méprisant.
- Je comprends, murmura Harry.
- Oh non je doute que tu comprennes. Sais-tu ce que c'est que de voir sa soeur partir chaque début septembre en école de sorcellerie et apprendre des choses exceptionnelles et de revenir chaaque été? Je la voyais avec jalousie revenir à la maison au mois de juin. Sais-tu ce que c'est que de n'avoir aucuns pouvoirs, d'être comme les autres, d'être en présence de la magie chaque jour et de se dire qu'on ne pourra jamais l'expérimenter soi-même? Non, je doute que tu le saches. Maintenant vas t-en sans poser d'autres questions et laisse-moi.
Son regard bien que restant sec, sa voix avait prit un ton suppliant.
- Je... Je suis vraiment désolé, dit Harry avant de s'éloigner et de refermer la porte derrière lui en laissant sa tante seule.